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Le développement durable simplifié

Consommation minimaliste: être durable et rester civilisé?

Après 2 semaines d’expérience (à lire ici aussi), il est temps de faire un petit bilan intermédiaire. Le moment est particulièrement bien choisi, car ces 2 premières semaines ont été variées: une semaine de vacances et une semaine de travail. Je présente ce petit bilan sous forme de texte « libre ». Je serai plus exhaustif et plus précis, avec notamment des chiffres, lors du bilan final.

La question qui se pose très clairement est celle évoquée dans le titre: comment puis-je minimiser mon impact, ma consommation, etc. tout en vivant dans le XXIe siècle? En effet, l’expérience serait aisée si je décidais de vivre en ermite, sur une île déserte. Mais sachant que je dois mener une vie normale, c’est nettement plus problématique.

Le premier constat est que l’on peut clairement parler de « Slow Life »: je fais moins de choses, je vais moins loin, etc. Je devais par exemple – le week-end passé – aller acheter un cadeau d’anniversaire pour mon père (un des rares achats que je me permets pour ce mois d’avril). Ce que je voulais se trouvait dans un magasin bien précis, lui-même situé dans un centre commercial précis. Centre commercial se trouvant à 12 minutes de scooter de chez moi. En temps normal, je n’aurais pas pris beaucoup de temps pour réaliser cet achat. Mais comme je m’efforce de consommer un minimum, je me devais de prendre les transports publics. Aucune ligne directe entre mon domicile et ce centre commercial, j’ai donc dû faire des « escales »! Au final, je suis parti à 10h45 de chez moi et suis rentré à 12h55. 2h10 pour acheter une chemise! De manière générale, je fais mes déplacements en transports publics ou de manière sportive (vélo, course, marche). J’ai dû prendre quelque fois mon scooter ou recourir au covoiturage.

La gestion des repas n’est pas chose évidente. Je prépare tous mes repas de midi à la maison et les emmène avec moi au travail. Cela demande de planifier à l’avance ce que l’on va manger, et aussi de faire un effort le soir alors que l’on pourrait avoir envie de simplement se reposer. Il va de soi que les plats surgelés sont proscrits.

Au niveau de l’hygiène, ce n’est pas toujours facile à gérer. La logique voudrait que je minimise le nombre de douches que je prends. Mais dans la mesure où comme je l’ai dit je me déplace beaucoup de manière sportive, il est difficile pour moi d’y échapper. C’est là un problème typique du développement durable: comment équilibrer les dimensions sociale, économique et environnementale? Ne pas prendre de douche et devenir infréquentable?! L’aspect social serait trop touché! Cela rejoint le questionnement que je mentionnais plus haut: si je vivais seul sur une île déserte, pas de problème pour réduire significativement mon impact et ma consommation; mais là, comment faire?

En ce qui concerne les loisirs, c’est nettement plus facile. Je me passe très bien de la télévision et j’adore faire du sport et des jeux de société. Il n’en faut pas plus pour se divertir sans trop consommer. J’avoue avoir tout de même regardé environ 6 heures de TV depuis le début du mois. Mais là encore, c’était plus un problème social qu’autre chose, car c’était à chaque fois pour répondre aux supplications de ma copine, qui ne peut pas envisager de manquer « New-York Unité Spéciale »!! Elle fait déjà passablement d’efforts pour me faciliter la vie, je lui devais bien ça. Et j’avoue avoir pris du plaisir en regardant cette série!

Comme vous pouvez le constater, tout ne se fait pas sans difficulté! De plus, j’apprends tous les jours, et me rends compte que « Ah mince, j’aurais dû faire comme ça depuis le début! ». Je pense toutefois qu’à la fin du mois, je pourrais vous proposer deux outils simples – sous forme de tableaux – pour que vous aussi vous puissiez réfléchir à des façons de minimiser votre consommation et ainsi diminuer votre impact environnemental tout en faisant des économies.

Classé dans:Consommation, Economie d'énergie, Minimaliste, Personnel

5 Responses

  1. Sam dit :

    Oui, pas facile effectivement, toute la difficulté est aussi de calculer les impacts de ces gestes. Acheter le dernier gadget techno, ou prendre 2 fois moins de douches, c’est quoi le plus mauvais pour la planète ? C’est pas facile à calculer.
    Je crois que les choix de ce qu’on achète (produits locaux et durable) est très important.
    Etre respectueux de la planète, ce n’est pas être un intégriste coupé du monde et qui sent mauvais.
    J’attends avec impatience le résultat de ta petite expérience.

  2. Argancel dit :

    C’est vrai que si on veut vraiment diminuer son empreinte sans trop empiéter sur son mode de vie, on a intérêt à habiter en centre ville, où l’on pourra plus facilement se balader en vélo.

    C’est le comble finalement : ce sont ceux qui ont un boulot en ville et veulent renouer avec la nature en habitant à la campagne qui rejettent le plus de CO2…

    Bon au delà du transport, je pense qu’on a une grande responsabilité sur ce qu’on consomme. En premier lieu veiller à consommer des fruits et légumes de saison. A quand l’étiquetage comportant le CO2 rejeté pour la fabrication et l’acheminement de chaque produit?

  3. Julien dit :

    Sam: Le calcul de tout cela est en effet extrêmement compliqué! J’essaie de mettre en place des indicateurs un peu naïfs mais qui ont au moins le mérite d’être simples: nombre de poubelles que j’ai sorties de chez moi, pourcentage de mes déplacements effectués en transports publics ou covoiturage, etc.
    J’aime bien l’image de l’intégriste coupé du monde qui sent mauvais! Je connais 2-3 personnes comme ça…

    Argancel: Tu soulèves un point très intéressant: le « gap » qu’il y a entre l’image que l’on a des gens vivant à la campagne (respectueux de l’environnement, etc.) et l’impact réel qu’ils ont. Je m’en rends compte jour après jour au cours de cette expérience: ce serait plus simple si j’habitais au centre-ville!
    Pour l’étiquetage, ça commence à se mettre en place, me semble-t-il. Si Cyrille de Consommerdurable fait un tour par ici, il pourra sans doute nous en dire plus! Le défi étant en partie selon moi de rendre l’information compréhensible pour les consommateurs!
    En tous cas, effectivement, un bon premier pas est de s’orienter vers les produits de saison. Liste ici par exemple: http://www.nicefuture.com/modules_speciaux/fruits_legumes/NiceFuture_FruitsLegumesSaison.pdf

  4. Cyrille dit :

    Bonjour,
    l’étiquetage de certains produits devaient devenir obligatoire en France à partir de 2011 mais cette mesure a été annulée dans le cadre du grenelle 2.
    Le WWF estime que c’est une mauvaise nouvelle pour l’environnement, les entreprises qui se sont engagées à faire des efforts et les consommateurs comme nous qui sont en attente d’informations.
    Certaines entreprises privées propose déjà un etiquetage environnemental (Orange ou Casino (France), Tesco (Grande Bretagne), Hofer (Autriche)…).

  5. Julien dit :

    Merci Cyrille pour ces précisions utiles!

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