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Le développement durable simplifié

Consommation minimaliste: les transports

J’inaugure cette série d’article sur mon expérience de consommation minimaliste en commençant par l’un des sujets les plus intéressant – et qui représentait un des plus grands challenges – à savoir celui des transports.

Quel plus grand challenge en effet que de réduire son impact environnemental dans le domaine des transports à notre époque?! Difficile en effet de se passer de la voiture ou d’un autre véhicule motorisé, surtout lorsque comme moi on habite à la campagne. Ce d’autant plus que nous sommes habitués à envisager de longues distances comme réalisables en peu de temps.

J’ai donc identifié 4 « moyens de transport » auxquels je pouvais avoir recours pendant ce mois d’avril:

  1. Les transports publics
  2. Les sportifs, à savoir course à pied, marche ou encore vélo.
  3. Mon scooter (je n’ai pas de voiture)
  4. Le covoiturage

Le but était bien sûr de minimiser le recours au scooter et au covoiturage. Quelques chiffres et un petit graphiques seront sans doute assez explicites pour vous donner une idée du bilan. J’ai parcouru, pendant ce mois d’avril, 2400.53 kilomètres. Il s’agit véritablement de « déplacement » dans le sens où il s’agit de trajets que j’ai effectués avec un objectif précis (aller au travail, rendre visite à ma famille ou à mes amis, etc.), par opposition à toutes les distances effectuées de manière plus aléatoires (aller de mon bureau à la cafétéria, chercher le rayon « céréales » au supermarché…). Voici donc comment se répartissent mes déplacements:

  1. Transports publics: 2040km (85%). Je me rends au travail en bus et train (140km aller-retour), et je me suis toujours rendu en ville en bus (10 km aller-retour). Les transports publics occupent donc une place prépondérante. En ce qui concerne les coûts, je suis titulaire d’un abonnement général, me donnant accès à tous le réseau suisse. Je l’ai payé, l’année passée, 2250.-. Ce qui me revient donc à CHF 187.5 par mois.
  2. Sportif: 72.13km (3%). J’ai le plaisir de vivre à 4.4km de chez mes parents et à 10.8km de chez la jeune femme qui partage ma vie depuis quelques années! J’ai donc effectué chaque visite de manière sportive, ainsi que quelques autres déplacements. L’évaluation du coût de tout cela est relativement simple, ou du moins je la simplifie! Mes chaussures de marche sont celles fournies par l’armée, le coût est donc pour moi nul. Mes chaussures de courses ont été achetées il y a 10 ans, 240.-. Le calcul est simple, elles me reviennent donc à 2.- par mois. Mon vélo a coûté 800.- il y a 15 ans, donc 4.4.- par mois. Le total est donc de CHF 6.4 par mois.
  3. Scooter: 146km (4%). Cette distance est exclusivement liée à mes activités footballistiques. Je n’ai en effet pas le temps, en rentrant du travail, de me rendre aux terrains en transport publics ou de manière sportive. J’ai donc utilisé mon scooter à cette fin, parcourant 146km avec 5.8l d’essence, que j’ai payé CHF 10.-
  4. Covoiturage: 191.2km (8%). Je me suis parfois fait « embarquer » dans une voiture! Par exemple pour aller au restaurant à l’occasion de l’anniversaire de mon père, ou pour aller voir un ami. Le trajet qui m’aura vraiment coûté cher est celui effectué pour un match de foot, 94km à lui tout seul…J’avoue que je me suis vraiment senti inconfortable en ces occasions, preuve que mon propre endoctrinement a bien fonctionné! Difficile d’évaluer ce que cela m’a coûté car j’ai toujours fait figure de « free-rider »: on ne m’a jamais demandé de payer ma part d’essence. Si toutefois il fallait faire le calcul – mais je n’inclurais pas ce chiffre dans le décompte final puisque je n’ai concrètement rien payé – il faudrait procéder de la manière suivante: à CHF 0.5 le kilomètre (selon le Touring Club Suisse), on arrive à un total de CHF 105.2. Total que l’on divise par 3, nombre moyen de passagers lors de mes déplacements, on arrive à un chiffre final de CHF 35.-

Au final, je pense m’en être pas trop mal sorti au niveau des transports. Ce que l’on considère habituellement comme de la mobilité douce (transports publics, covoiturage, vélo, etc.) représente 96% de mes déplacements. Mais je le répète, je ne me suis pas senti très à l’aise en voiture, même si je n’y étais pas seul. On peut donc considérer 88% comme le chiffre réel de mes déplacements acceptables.

A titre de comparaison, j’estime qu’en temps normal j’aurais effectué mes déplacements sportifs en scooter, de même qu’un certains nombre de ceux effectués en transports publics. Je serai arrivé à environ 350km en scooter.

En ce qui concerne mes dépenses, elles sont de CHF 203.9. Combien d’argent ai-je ainsi économisé? Difficile à dire! J’ai en général des dépenses d’essence se montant à environ CHF 25.- par mois. Je n’aurais au final économisé que CHF15! Mais cela est dû au fait que je possède déjà un abonnement général, et que j’effectuais donc déjà passablement d’économies. En admettant par exemple que j’aie effectué tous mes déplacements en voiture, la facture aurait été toute autre! Si vraiment on s’en tient aux chiffres du TCS, et que l’on estime le kilomètre à CHF0.5, on arriverait à un total de CHF1200! Il est aussi intéressant de constater que la part du covoiturage dans les dépenses (14% si je l’avais inclu dans le décompte final) est proportionnellement énorme par rapport à sa part dans le kilométrage (8%).

En définitive, je crois qu’en ce qui concerne les transports, mon expérience de consommation minimaliste peut vraiment renvoyer à une expérience de Slow Life. Par exemple, alors que je mets 5 minutes pour aller en scooter chez mes parents, j’en ai mis 50 à pied. Ce n’est pas forcément un mal, mais il est vrai que c’est peu compatible avec le rythme de vie que nous avons. Ne devrions-nous pas faire moins de choses, moins loin. Il s’agit de passer de « Aujourd’hui dimanche, je vais chez Gus, puis je rends visite à mes parents et après je vais voir ma copine » à « Aujourd’hui dimanche, je vais chez mes parents. » Difficile de s’y résigner, mais je vous garantis que l’on apprécie d’autant plus cette seule et unique activité!

Ah, j’allais oublier. Note pour moi-même: arrêter le foot. Ca n’est bon ni pour mon bilan écologique, ni pour mon porte-monnaie!

Je reviendrai sur les conclusions que l’on peut tirer de cette expérience dans l’article de synthèse que je publierai plus tard.

Classé dans:Consommation, Minimaliste, Personnel

9 Responses

  1. Sylvain dit :

    Merci d’avoir partagé ton expérience.

    C’est vrai que tu avais déjà une façon de te déplacer plutôt optimale avant de faire l’expérience, du coup les résultats chiffrés semblent un peu légers.

    En revanche, tu as bien souligné à quel point tu avais apprécié de n’avoir qu’une seule activité le dimanche, parce que tu avais pris le temps de t’y rendre et de l’apprécier. Je crois que ce point est vraiment important.

    Comme tu dis, cela cela semble peu compatible avec le rythme de vie imposé (plus ou moins) par notre société moderne. Je crois que nous essayons tous d’en faire un maximum en un minimum de temps. Ne vaudrait-il pas mieux faire l’inverse ? Simplifier notre vie, faire une chose à la fois et prendre le temps de l’apprécier ?

  2. Cyrille dit :

    Merci Julien, tu as été très précis.
    Je ne savais pas qu’il existait un abonnement qui donne accès à tous le réseau de train.
    C’est quelque chose d’intéressant pour encourager ce mode de déplacement.
    En tous cas, t’a vraiment été au top !
    Difficile de prendre plus de transports « doux »

  3. Julien dit :

    Sylvain: Il est vrai que je n’ai pas ressenti un changement énorme par rapport à mes habitudes « normales ». Je n’ai donc pas l’impression d’avoir d’immenses efforts. Mais peut-être que de l’extérieur, ça donne une toute autre impression!
    Je suis définitivement un défenseur de l’idée selon laquelle il faut faire une chose à la fois! Idée d’ailleurs très présente dans la philosophie zen que j’essaie d’intégrer dans ce blog de temps en temps. Faire une chose et la faire bien, c’est déjà un bon début!

    Cyrille: Effectivement, cet abonnement est un vrai bonheur! Si je dois aller dans une autre ville en Suisse, je ne me pose même pas la question de savoir si j’y vais en train ou en voiture! J’ai même fait des vacances entières en Suisse. On prend le train jusqu’à la destination souhaitée et sur place on se déplace en bus, tram, etc.
    Je crois qu’il existe un abonnement similaire en France, mais aux dernières nouvelles il coûte +/- l’équivalent de CHF 15’000.-!
    Pour ce qui est des transports « doux », mon bilan est en effet pas trop mal. Et si je n’avais pas des obligations liées au foot, j’aurais même pu viser le 100% (si l’on considère le covoiturage comme « doux »). Mais je ne voulais pas non plus renoncer à des activités « sociales »!

  4. Cyrille dit :

    L’avantage de votre abonnement, c’est qu’il permet d’accéder à l’ensemble du réseau de transport en commun, c’est à dire non seulement le train mais aussi les réseaux urbains, les bateaux… Je pense que cela doit vraiment simplifier les choses et inciter les citoyens à prendre les transports doux.

  5. Bonjour Julien,

    Je découvre ton blog, au design à l’élégance aussi minimaliste que tes convictions (NB : enfin, de manière surprenante, il y reste tout de même un peu de bordel…😉 )(NNB : je parlais de tes convictions SUR le minimalisme, je ne disais pas que tes convictions ETAIENT minimalistes…)

    J’ai récemment fait moi-même un article détaillant pourquoi je vais au taf en vélo, je te rejoins complètement sur ce principe. Bon, pour ton calcul du coup de revient, lorsqu’on dit que les chaussures ont été payées par l’armée et que donc on n’amortit pas leur usure, on ne sait pas compter… :-p Et en tant que sportif, lorsque je lis que tu utilises des chaussures de course d’il y a quinze ans, j’ai mal pour tes articulations, moi qui mets toujours des Mizuno à 150 € de préférence en état correct (fais gaffe, le corps aussi doit être développé de manière durable…).

    De même, je me demande si tu ne mélanges pas un peu le coût pour l’environnement avec ton budget. Un ticket de bus à 50 cents pollue plus qu’un vélo à 200 €… Tu devrais analyser les deux choses de manière séparée.

    Mais bon, globalement, je souscris à ta démarche.🙂

  6. Julien dit :

    Bonjour Matt,

    Merci pour ton commentaire! J’aime bien son ton un peu décalé, même s’il n’en reste pas moins constructif.
    Je suis curieux de connaître ton calcul concernant l’amortissement des chaussures militaires. En tous cas, ne t’inquiète pas pour mes articulations! Je suis complètement d’accord avec toi, un bon matériel est très important, car le corps doit être développé de manière durable, comme tu le dis très bien. Toutefois, j’ai pris grand soin de mes chaussures de courses, et à part le tissu qui se déchire un peu, toutes ses fonctions sont en parfait état. J’en changerai dès que ce sera nécessaire.

    Je pense que tu as raison concernant les coûts environnementaux et économiques (et pourquoi pas sociaux). C’est un peu mélangé et je ne suis pas très précis par rapport à cela. SI je réitère l’expérience (et j’aimerais bien le faire), je m’efforcerai d’être meilleur par rapport à ces chiffres. Mais je dois avouer que je suis vraiment débutant en la matière, et que je ne sais pas toujours comment m’y prendre!

  7. Hello!

    En ce qui concerne les chaussures de sport, je pensais surtout à la qualité de l’amortissement, principalement au niveau des talons, qui se dégrade au fil du temps (tassement de la mousse, etc.)

    Les chaussures militaires s’amortissent selon moi un peu comme si tu les avaient acheté, au sens où les user t’approche du moment où tu devra en acheter d’autres. En terme de mode de vie, le fait que cette paire-ci ait été gratos ne change d’après moi pas vraiment le calcul (à moins que tu penses ne faire que de la récup).

    De toute façon, je te chahutais un peu, comme je te le disais, la démarche est chouette. Après, on peut toujours pousser une analyse un cran plus loin, quelle qu’elle soit.😉

  8. Julien dit :

    Je comprends mieux pour les chaussures, et je crois que tu as raison! Il faut que j’essaie de me les faire remplacer, tant que je suis encore assigné à ces bêtises. Après, effectivement, il faudra que j’achète des chaussures de marche « civiles ».

    Au plaisir de te relire, sur ton blog ou ici!

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