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Le développement durable simplifié

Consommation minimaliste: les repas

Pour mon 2e article de la série sur mon expérience de consommation minimaliste, j’ai décidé de parler de l’aspect des repas.

Le but était de faire des repas avec le moins d’impact écologique, bons pour la santé, et les moins chers possible. Premier problème ici, ce triple objectif peut être en soi contradictoire. Un repas que l’on peut considérer comme sain – avec beaucoup de légumes par exemple – a des chances de ne pas être économique. Il en va de même pour l’aspect écologique: faire son repas en achetant des produits locaux peut revenir plus cher. J’ai donc décidé de chercher des moyens « alternatifs » pour remplir ces objectifs. Voici donc les règles que je me suis fixé:

  • Préparer mes repas de midi le soir d’avant. Cette mesure devait me permettre de faire des économies.
  • Faire mes achats de nourriture à pied ou en utilisant les transports publics. Pour limiter mon impact sur l’environnement.
  • Ne pas manger entre les repas. Ca devrait être bon pour la santé, non?

Vous l’aurez compris, j’ai cherché à être « durable » avec d’autres moyens que ceux que l’on pourrait imaginer de prime abord. Par exemple, les économies que je ne peux pas faire systématiquement en achetant les produits les moins chers (car pas toujours écologiques ou « healthy »), je la fais en préparant moi-même tous mes repas ou en n’achetant pas de « 10 heures », de goûter, etc.

Voila pour les principes! En ce qui concerne les résultats:

  1. Sur les 90 repas que j’ai pris au cours du mois d’avril, 84 (93.3%) ont été « home made ». C’est-à-dire que je les ai préparé moi-même (ou un ami ou un membre de ma famille), que je n’ai pas acheté de repas tout prêt. 1 repas a été préparé avec un plat surgelé (1.1%). Enfin, j’ai pris 5 repas au restaurant (5.6%): 1 pour l’anniversaire de mon père, 1 avec un ami que je n’avais pas vu depuis près de 2 ans (je n’ai pas eu le coeur de refuser, j’en parlerais dans l’article sur l’aspect social), et 3 avec mes collègues en prolongement de réunions (obligation professionnelle, là aussi j’en reparlerai plus tard).
  2. La totalité des achats de nourriture effectués pendant ce mois d’avril a été effectuée à pied ou à l’aide des transports publics. Ce qui m’a souvent pris passablement de temps! Je ne peux par contre affirmer avec certitude que la nourriture et les boissons déjà chez moi avant le 1er avril ne l’ont pas été en ayant recours à mon vieux scooter, même si cela représenterait une très petite partie car j’ai pour habitude d’utiliser les transports publics, on l’aura compris en lisant l’article précédent!
  3. Sur les 30 jours d’expérience, j’en ai passé 27 avec petit-déjeuner, dîner, souper pour seuls et uniques repas. J’avoue avoir craqué 3 fois et pris un petit goûter!

A ces mesures de base, j’ai pu ajouter d’autres contraintes. La première a été de ne boire que de l’eau sur mon lieu de travail. J’avais en effet souvent tendance à m’acheter un coca au distributeur. Ce qui n’était bon ni pour ma santé (pour des raisons évidentes), ni pour mes finances (CHF 2.50 la bouteille), ni pour l’environnement (une nouvelle bouteille à chaque fois, même si en PET; système de réfrigération du distributeur; etc.). J’ai pu tenir ce pari et je n’ai consommé que de l’eau du robinet en remplissant toujours la même bouteille.

Je me suis également efforcé de faire un maximum de « Meatless Day« . J’en ai fait 7 sur les 30 que comporte le mois d’avril, soit une semaine totale sans viande.

Si j’ai cherché à éviter les repas au restaurant, j’ai aussi fait en sorte de ne pas aller boire de verres dans des bars. C’est avec le même ami que j’évoquais déjà plus haut que j’ai fait la seule exception. Je rajoute encore que je ne bois pas d’alcool, ce qui n’est pas plus mal aussi bien pour mes finances que pour ma santé.

A la maison, j’ai plusieurs fois bu autre chose que de l’eau. Principalement du jus de pommes artisanal, produit et acheté à 5km de chez moi. Parfois du sirop. Et parfois des sodas, que je n’ai à ma décharge jamais achetés (amenés par des invités), mais il serait hypocrite de faire comme si je n’avais pas eu d’impact par rapport à cela!

En définitive, l’expérience a été très intéressante également par rapport à cet aspect des repas. Mais je dois dire que c’est aussi un des aspects les plus contraignants et les plus difficile à vivre. Tout d’abord parce que j’aime bien manger! Mais aussi parce que je suis parfois allé trop loin. Il est très contraignant de devoir préparer tous ses repas à la maison. De plus, pour simplifier les choses et pour économiser de l’énergie, je doublais en général les quantités de mon repas du soir et utilisais les restes pour un des repas de midi suivants. Ce qui donnait parfois un peu de monotonie dans mes repas!

Il faut aussi dire que je me suis rendu compte à quel point le fait de manger un petit truc vers 15-16h00 est important. Surtout quand le repas de midi et celui du soir sont éloignés de 7 heures (en temps normal) à 10 heures (lorsque j’ai l’entraînement de foot). Expérience faite, je sais donc que je peux me passer de 10 heures sans problème, ainsi que de boisson autre que de l’eau; mais je sais aussi que faire l’impasse sur le goûter, que s’imposer de préparer tous ses repas de midi à l’avance, que parfois oublier une notion essentiel dans les repas, à savoir celle de plaisir, c’est aller trop loin!

Je crois que c’est véritablement là l’intérêt d’une expérience telle que celle que j’ai menée. En s’imposant des conditions que l’on peut parfois appeler « extrêmes », on se rend compte facilement de ce dont on peut se passer, et par là même on découvre quelles sont les choses qui sont essentielles.

Classé dans:Consommation, Minimaliste, Personnel

7 Responses

  1. Oui, cela a l’air contraignant tout ça ! Comme tu le dis, la bouffe doit rester un plaisir.

    Pour les fruits et légumes, on commande régulièrement des paniers bio de fruits & légumes produits localement (pour lyon, st etienne et vienne : http://www.lespaniersdemartin.com/).
    Et sinon, quand on fait la cuisine, on fait toujours en grande quantité, et l’on congèle ce qui reste.
    Enfin, pour la viande, on essaye de limiter au maximum.

    Encore merci de nous partager tes expériences, c’est très intéressant !

  2. Julien dit :

    Merci Sam pour ce lien qui intéressera sans aucun doute les lecteurs de cette région!

    J’ai l’impression qu’encore trop souvent les tenants du développement durable n’arrivent pas à faire le message et que l’on a le sentiment que manger « durable » est une vraie contrainte. Il ne faut pas oublier la notion de plaisir dans le repas!

    D’où l’importance pour ceux qui défendent le développement durable de ne pas jouer les missionnaires!

  3. Cyrille dit :

    Bonjour Julien
    as-tu essayé ou as-tu des amis qui ont essayé marchédurable.ch ?
    Cela semble intéressant pour consommer des produits de saison et locaux ?

  4. Yoann Romano dit :

    Hello,

    Personnellement pratiquant pourtant beaucoup de sport je ne consomme ni viande – saviez-vous que Carl Lewis était végétarien ? – et je ne bois que de l’eau. Comme tu le dis cela peut paraitre extrême mais aujourd’hui j’ai remplacé ces petits plaisirs par un plus grand qu’est celui d’avoir l’énergie et la santé nécessaire à l’accomplissement de mes rêves !

    Et si tu as la chance d’avoir un jardin n’hésite pas à cultiver tes propres légumes, rendement qualité-prix assuré.

    Sinon une autre expérience intéressante (que je pratique depuis) consiste à manger moins mais plus souvent. Beaucoup d’études prouvent que contrairement à la croyance populaire l’idéal se rapproche d’un mini-repas tous les 3 heures.

    @Cyrille Franchement, merci pour la découverte !

    Yoann

  5. Julien dit :

    Cyrille: Oui, ça a vraiment l’air intéressant et j’aimerais bien essayer. Deux petits bémols pour l’instant, qu’il va s’agir pour moi d’élucider. 1. Il faut voir dans quelle mesure les heures de livraisons peuvent me convenir. Quittant mon appartement à 0645 et y retournant à 19h15, ça n’est jamais facile pour moi! 2. Il faut quand même que je regarde autour de chez moi si je ne peux pas trouver des commerçants « normaux » chez qui acheter mes produits. J’ai la chance d’avoir un Landi à 3km de chez moi, c’est déjà pas mal!

    Yoann: Je te crois volontiers lorsque tu dis qu’on peut remplacer ces petits plaisirs que tu mentionnes.
    Je n’ai pas de jardin pour moi, mais une terrasse qui me permet déjà d’envisager d’y faire pousser persil, ciboulette, et autres.
    Après cette expérience, je suis de plus en plus convaincu du bien-fondé de cette idée de manger un mini-repas fréquemment. J’ai tendance à ingurgiter de trop grandes quantités de nourriture à chaque repas, et procéder de cette façon serait sans doute un bon « remède » à ce problème que j’ai!

  6. arlette dit :

    pour ma part ,je fais mes menus a la semaine et je m’y tiens ;c’est plus simple pour les courses et ça vide la tête!on fait de meilleurs achats et des économies!!

  7. Julien dit :

    Merci pour ce commentaire Arlette! J’aimerais bien pouvoir faire mes menus à la semaine, il faut vraiment que j’essaie de m’y mettre.

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