Simplifier pour durer

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Le développement durable simplifié

De retour!

Me voici enfin de retour de 3 semaines d’armée. 3 semaines particulières puisqu’il ne s’agissait pas – contrairement à ce que je suis supposé faire là-bas – de me cacher dans la forêt avec du grimage et mon fusil d’assaut en attendant la venue de l’ennemi! J’ai été affecté à la gestion de matériel militaire. Expérience intéressante, dans la mesure où elle m’a permis d’exercer un tout autre métier – manutention – que le mien, qui est plutôt « intellectuel ». C’est une très bonne chose que de se confronter à d’autres choses que celles auxquelles ont est habitué.

Bien sûr, d’un point de vue développement durable, un séjour à l’armée n’est jamais bon! Utilisation abusive des véhicules (qui consomment jusqu’à 25 litres au 100 pour un char d’assaut), repas d' »hommes » et donc très riches en viande, gâchis monstrueux, absence quasi totale de tri des déchets, etc. Un point positif toutefois: une grande partie du matériel est « âgé » et bien conservé. D’où l’importance de posséder des affaires résistantes (tissus solides, cuir, bois, etc.).

Je souhaiterais insister sur l’aspect « gâchis » que j’ai pu constater. Il existe des consignes très claires quant à la réparation du matériel. Pour chaque élément est précisé est précisé un nombre de minutes maximum que l’on peut consacré pour tenter de réparer cet élément. Au-delà de ça, il faut le jeter. Inutile de vous dire que le temps accordé était très réduit (4 minutes max. pour une lampe de poche par exemple). J’ai trouvé fou de voir que l’on préfère racheter un objet plutôt que de le réparer.

Mais pourtant, c’est souvent le réflexe que nous avons, y compris et surtout dans la vie civile! Alors faisons un petit effort, et posons-nous toujours la question de savoir si l’on peut réparer un objet défectueux avant de le jeter.

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8 Responses

  1. Cyrille dit :

    Bonjour Julien,
    très intéressant cet article.
    Penses-tu qu’il pourrait y avoir des évolutions? Est-ce que l’armée tiendra un jour compte de l’écologie et des économies d’énergie ?
    Pour finir, même si l’armée à de beaux chars et de beaux avions et qu’elle s’entraine super bien, elle reste très dépendante d’une ressource extérieure qui se raréfie : le pétrole.

  2. Gus dit :

    Aucune surprise, l’armée pollue, et Cyrille a raison pour le pétrole. Quand dans quelques années le pétrole sera devenu tellement cher, il faudra repenser cette ineptie flagrante qu’est l’armée.

    Le Costa Rica a aboli l’armée en 1948, et ne s’en porte pas plus mal du tout :

    http://www.liveincostarica.com/blog/2008/12/60-years-with-no-army-in-costa-rica-wow.html

    Le pire, c’est qu’on puisse envisager que l’armée suisse est nécessaire et importante

  3. […] This post was mentioned on Twitter by Julien Goy, Gus. Gus said: RT @Juliengoy: De retour!: http://wp.me/pB67B-9I Bienvenue Julien ! […]

  4. Julien dit :

    Je cite souvent le même exemple que toi Gus! Dans une région du monde autrement plus instable, on se passe très bien d’armée. Alors pourquoi pas en Suisse?!
    Comment faire quand le pétrole se fera vraiment rare? Eh bien, on fera la guerre, tout simplement! Plus exactement, on fera la guerre pour pouvoir faire la guerre…

    J’ai de sérieux doutes quant à la volonté de l’armée de faire des économies d’énergie. Premièrement parce qu’un char qui fonctionne au solaire, ça ne correspond pas à l’image puissante et virile que l’on veut lui donner. Deuxièmement et plus sérieusement, pour des raisons de budget. J’ai été frappé par la nécessité d’utiliser les budgets jusqu’au dernier centime. Parce que si on ne fait pas assez de dépenses, on recevra moins d’argent l’année prochaine. Il m’est arrivé de devoir tirer des dizaines et des dizaines de cartouches et de grenades « pour vider les réserves ». J’ai aussi vu des gradés ordonner à des soldats de prendre des camions et de tourner en rond sur la place d’arme pour être sûrs que tout le carburant attribué a bien été utilisé…

  5. François dit :

    Bonjour Julien,

    En liminaire, je suis flatté de trouver « Fragments actuels » dans le Blogroll de « Simplifier pour durer ». Ne traitant au demeurant pas la thématique du développement durable, je dirais même que j’en suis agréablement surpris.

    L’objet de mon commentaire maintenant : ayant été commandant de troupe, certes, mais ayant surtout travaillé durant quelque huit années dans un service qui veillait au respect de l’application de la législation environnementale sur les infrastructures de l’armée, ce que tu présentes dans ton billet et les exemples que tu cites dans ton commentaire/ta réponse suscitent une consternation certaine chez moi : j’étais convaincu que les camions qui tournaient en rond pour brûler du carburant et les tirs en pagaille pour griller les réserves de munitions appartenaient définitivement au passé, en 2000 déjà, lorsque je commandais mon groupe [bataillon].
    Pour ma part, au vu des contingents qui m’étaient alloués en termes de carburant et de munitions, j’en étais à tenir une gestion des plus serrées pour que les véhicules qui m’étaient confiés aient encore de quoi rouler durant la dernière semaine du cours de répet’ et que tous les militaires soient en mesure de pouvoir tirer un minimum de cartouches pour maintenir leur compétence au tir.
    Concernant le tri des déchets et les économies d’énergie : ayant encore en mémoire les sommes claquées pour doter les casernes et les places de tir de ce qui se fait de mieux en matière de tri des déchets ou de recours aux énergies alternatives, j’avoue que là, à vrai dire, j’hallucine.

    Au demeurant, et en faisant abstraction de la dépendance au pétrole d’une armée (je te donne raison sur toute la ligne en ce qui concerne « faire la guerre pour pouvoir la faire » et les chars roulant au solaire), de mon point de vue, ce n’est pas tant l’armée en tant qu’institution qu’il faut blâmer en matière d’économies et de tri que beaucoup d’individus qui la composent qui, une fois l’uniforme revêtu, oublient singulièrement tout ce qu’ils mettent en oeuvre plus ou moin bon gré mal gré dans le civil et qui se comportent à l’armée comme de véritables veaux, …parce que malheureusement cela fait aussi partie d’une certaine « tradition » d’avoir de quoi raconter en-dehors du service ; cela du soldat à l’officier.

    Pour conclure, une armée qui ne respecte pas son environnement, son milieu – pour reprendre le terme consacré – est une armée qui entrave à terme sa liberté de manoeuvre dans le terrain, partant sa capacité à protéger la population qui y réside. Cela peut paraître paradoxal dès lors que par nature l’armée à pour fonction de détruire et de tuer. Et respecter son milieu commence par le tri, l’évacuation des déchets et la recherche d’économies à tous les niveaux, que l’on soit en caserne ou dans le terrain, en bivouac. J’ajouterai, pour conclure définitivement, que les commandants qui ne veillent pas à ce que ces principes de bases soient appliqués au sein de la troupe qu’ils ont le privilège de commander ne sont simplement pas dignent de leur fonction … et que le châtiment de la fessée mériterait d’être réintroduit pour ces individus-là.

  6. François dit :

    Oups! Désolé pour mon avant-dernière ligne où le « dignent » doit être remplacé par « dignes ».

  7. Julien dit :

    Hello François,

    Tout d’abord, concernant mon blogroll, j’essaie d’y faire figurer des sites de qualité, que je lis avec plaisir. Il me paraissait donc tout naturel d’y faire figurer le tien – au même titre que Katchdabratch – puisque c’est ainsi que le décrirais. Quelqu’un qui peut me faire découvrir un mot, liminaire, mérite la plus grande considération!

    Pour ce qui est de ton commentaire sur l’armée, un grand merci car il est très intéressant! Je te rejoins entièrement sur la nécessité de faire une distinction entre l’institution et ceux qui la composent. Je ne peux qu’abonder dans ton sens quand tu dis que nombreux se retrouvent « transformé » une fois le gris-vert revêtu: ils deviennent de vrais animaux oubliant toute notion de savoir-vivre. Et je crois que le développement durable est aussi une affaire de savoir-vivre.

    Le tri – à la caserne de Bière tout au moins – est présent, certes, mais de manière trop aléatoire, pas assez systématique, pour que l’on ait l’impression qu’il y a une véritable stratégie là derrière.

    Peut-être faudrait-il instaurer des « inspections développement durable »?!? Si je reste peu convaincu de l’utilité de l’armée de nos jours, je pense qu’elle pourrait avoir un vrai rôle à jouer en matière d’éducation dans ce sens.

    Quoi qu’il en soit, je te remercie encore pour ce commentaire. Tu montres un point de vue des plus intéressant, avec cet aspect « regard de l’intérieur » qui nous laisse penser qu’il y a des choses pertinentes à faire!

  8. François dit :

    Bonjour Julien,

    Il y a trop longtemps que j’ai quitté l’opérationnel en la matière (commandement militaire ou activité professionnelle sur les places d’armes) pour savoir comment les lignes directrices ainsi que les directives, prescriptions et ordres internes qui en découlent en matière de protection de l’environnement, voire de développement durable – si l’on étend le concept, sont finalement effectivement appliqués et contrôlés au jourd’hui sur les infrastructures militaires ou auprès de la troupe.

    Par contre, voici un lien (http://www.vtg.admin.ch/internet/vtg/fr/home/militaerdienst/allgemeines/uwsa.html) qui t’offre une porte d’entrée au domaine « Protection de l’environnement à l’armée » au travers des différents hypeliens qui la compose.

    A tout le moins, je te reproduit ci-dessous le credo en matière de protection de l’environnement à l’armée :

    « Comme toute autre instruction, l’instruction de l’armée en protection de l’environnement (Instr prot envir A) est à considérer comme faisant partie intégrante de préparation à l’engagement. Dans tous les cas, la mission militaire se trouve au centre. Toutefois, la mission doit être accomplie de manière à nuire le moins possible aux êtres humains et à l’environnement. On choisira donc toujours la variante la plus respectueuse de l’environnement pour les activités liées à l’instruction et à l’accomplissement de la mission.

    Les besoins de l’armée doivent être harmonisés avec ceux de la protection de l’environnement en tenant compte des particularités sociales, économiques et écologiques. C’est seulement ainsi qu’une instruction de l’armée en protection de l’environnement durable pourra être assurée. Outre la durabilité et les aspects techniques, il faut également aborder l’attitude et le comportement préconisés par les lignes directrices «Aménagement du territoire et environnement» du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS).

    Par une transmission des connaissances ciblée, l’instruction en protection de l’environnement doit mener les participants du savoir à une action respectueuse de l’environnement en passant par une prise de conscience écologique et l’adoption d’une attitude appropriée à l’égard de l’environnement. L’instruction de l’armée en protection de l’environnement vise principalement à influer sur la façon de travailler de chaque militaire. Chacun d’eux est invité à assumer sa propre responsabilité dans le domaine de la protection de l’environnement. A cet effet, la troupe reçoit des check lists, du matériel didactique et de sensibilisation pour l’instruction de l’armée en protection de l’environnement.

    Objectifs de l’instruction de l’armée en protection de l’environnement

    1. La sensibilisation de tous les militaires: Les militaires sont conscients de leurs responsabilités vis à vis de l’environnement et agissent en conséquence.

    2. La protection des espaces vitaux naturels: La protection des espaces vitaux naturels et l’utilisation parcimonieuse des ressources naturelles sont au premier plan. Les activités de commandement militaire tiennent compte des idées directrices en matière d’écologie.

    3. L’assurance de la conformité juridique: Les cadres veillent à l’application des prescriptions légales, surveillent le respect de la conformité juridique et assurent une amélioration continue des prestations environnementales dans leurs domaines. »

    J’ai bien conscience qu’on pourrait se borner à lire ici l’expression d’un voeux pieux ou une armée voulant s’acheter une virginité en la matière. Toutefois, il s’agit de lignes directrices qui, propre de l’armée, débouchent sur un ordre, sur des ordres …qui doivent être respectés, discipline oblige. Aussi, quand j’écris qu’il y a des fessées qui se perdent pour les cadres qui ne respecteraient pas le minimum évoqué ci-dessus…

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