Simplifier pour durer

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Le développement durable simplifié

Attention aux nouveaux habits!

« I say beware of all enterprises that requires new clothes. »  – H.D. Thoreau

Attention à toute entreprise requérant de nouveaux habits…quelle belle idée! Si vous voulez vous lancer dans une nouvelle activité et que celle-ci requiert que vous achetiez de nouveaux habits, un nouveau matériel, etc., vous devriez avoir la puce à l’oreille.

Bien sûr, si vous voulez vous mettre au vélo, il peut être judicieux et inévitable d’acheter… un vélo! Par contre, si on vous dit qu’il vous faudra également une tenue pour faire du vélo, une nouvelle gourde, des lunettes à soleil (pas celles que vous avez déjà, non, des lunettes à soleil pour le sport), il faudra vous méfier. Vous avez certainement un short et un t-shirt, une bouteille vide que vous pouvez remplir d’eau et une paire de lunettes à soleil, non?

Il ne s’agit pas de renoncer à faire du vélo, mais plutôt de penser à la façon dont vous voulez faire du vélo.

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Classé dans:Consommation, Minimaliste, Personnel

Appartement minimaliste: 4 inconvénients

Tenter d’allier minimalisme et développement durable est un vrai plaisir.Mais ça a aussi des inconvénients, malgré tout le bien que j’en dis ici. Il est important de les mentionner, afin de donner une vision équilibrée des choses.

Habiter un petit appartement (45m2), posséder peu d’objets, sont deux leitmotivs important pour moi. Notamment parce que cela réduit mon empreinte écologique. Je l’ai expliqué ici et ici. Après plus d’un an de cette vie, j’y vois tout de même 4 inconvénients:

  1. On a très vite une impression de désordre. Il suffit qu’un verre traîne ici ou là, que je n’aie pas fait la vaisselle immédiatement après le repas, que je fasse sécher des habits et tout de suite, on a le sentiment que l’appartement entier est mal rangé.
  2. En possédant peu d’objets, ils ne sont pas toujours disponibles. Par exemple, je n’ai qu’une seule poêle. Je suis obligé de la laver après chaque repas afin de pouvoir l’utiliser pour le suivant! Je ne peux donc pas toujours faire les choses comme je veux!
  3. Le « coût en chaussures ». Comme je ne peux pas stocker beaucoup de choses, je dois souvent faire les courses, aller à la déchetterie, aller au compost, etc.
  4. On ne peut pas inviter autant de personnes que l’on veut. J’adore inviter des gens chez moi! Malheureusement, je ne peux pas en inviter beaucoup à la fois. Au-delà de 4-5, on est vraiment serré!

C’est le prix à payer, assurément. Mais c’est un petit effort que je n’ai aucun problème à consentir!

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Un mal nécessaire?

En ce moment, je lis un livre passionnant, lié à mon travail (la responsabilité sociale): The Responsibility Revolution. On y trouve des histoires vraiment inspirantes et des citations très intéressantes, dont celle-ci:

There is no such thing as sustainable manufacturing. It just doesn’t exist.

Ce que nous dit Rick Ridgeway, « Chief of environmental initiatives » chez Patagonia, c’est que du moment où l’on fabrique quelque chose, il est impossible d’être complètement durable. Et pourtant Dieu sait que s’il est une compagnie que l’on peut considérer comme durable, c’est bien Patagonia.

A l’échelle individuelle, le constat est le même. On en peut pas avoir « zéro impact ». Ne serait-ce qu’en ce qui concerne la production de CO2, il faudrait arrêter de respirer!

Je crois qu’il faut admettre que même en faisant tous les efforts possibles, nous n’arriverons jamais à annihiler totalement notre impact sur l’environnement. Ce n’est d’ailleurs pas dans la nature de l’homme.

Que peut-on faire alors? Pour répondre à cette question, je reviendrai encore à Patagonia. Dans la mission de Patagonia, on trouve cette phrase:

« Do no unnecessary harm. »

Ne pas faire de mal inutilement. Il ne s’agit pas pour Patagonia de « ne pas faire de mal » ou même de « faire moins de mal », mais simplement d’éviter le mal qui n’est pas nécessaire.

Dans le cadre privé, à notre travail ou que sais-je encore, nous devrions toujours nous poser la question de savoir si ce que nous faisons, et qui va influer sur notre empreinte écologique, pourrait être évité.

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Consommation minimaliste: hygiène

Avant-dernier article de la série sur mon expérience de consommation minimaliste: l’hygiène. Sujet délicat à traiter…En effet, il n’est pas rare d’associer les personnes favorables au développement durable à des personnes peu soucieuses de leur hygiène personnelle (et des réaction que cela peut entraîner chez les autres).

Commençons par le commencement: les douches/bains. Inutile de préciser que je n’ai pas pris un seul bain au cours de cette expérience. Je n’en prends d’ailleurs jamais, ou si, peut-être 2 par an. En ce qui concerne les douches, il existe trois choses importantes à mon avis:

  1. La fréquence. Il n’est pas toujours évident de s’en passer, surtout si l’on fait beaucoup de sport. Je suis tout de même parvenu à m’en tenir à 5 douches par semaine. On peut toujours trouver dans la semaine un ou deux jours où il n’est pas nécessaire de se doucher, sans pour autant être à considérer immédiatement comme un cochon!
  2. La durée. Plus important que la fréquence – à mon sens – il s’agit de se pencher sur le temps que l’on passe sous la douche. Si je n’ai pas pris de chronomètre à chaque fois que je partais sous la douche, je peux certifier que je n’y suis jamais resté plus de 5 minutes. Je passe en général plus ou moins 3 minutes sous la douche.
  3. Le comportement. Là aussi, un aspect très important. Je me suis toujours efforcé de faire couler l’eau le moins longtemps possible, et de me glisser sous l’eau aussitôt qu’elle avait atteint une température « envisageable »! J’ai systématiquement coupé l’eau lorsque je me savonnais, je le fais toujours. Et j’ai pris mes douches sur le mode de la douche écossaise. Il s’agit aussi bien sûr de ne pas utiliser plus de savon qu’il n’en faut ni trop de shampoing. J’ai utilisé environ 160ml de savon et je me suis lavé les cheveux une fois tous les 3 jours (environ 100ml).

Pour le reste du volet « hygiène », différentes choses. Tout d’abord je n’ai jamais mis de parfum au cours de ces 30 jours. Ensuite, j’utilise une pierre d’Alun comme déodorant. Elle est supposée durer 10 ans et m’a coûté CHF 24.-, ce qui équivaut à une dépense de 20 centimes de déodorant par mois.

Je me suis rasé une fois tous les 5 jours, juste à l’eau, sans mousse et sans après-rasage. J’ai la chance d’avoir un emploi où il n’est pas nécessaire de toujours être rasé de près! Le rasage sans mousse et sans après-rasage peut paraître « barbare », mais on s’y fait assez bien. A noter, même si je ne l’ai pas fait, que la pierre d’Alun fait également un très bon après-rasage. Bien évidemment, je n’utilise pas de rasoirs jetables.

Mon usage de gel pour les cheveux a eu deux périodes! La première, alors que mes cheveux étaient un peu longs, m’a vu utiliser du gel. Je me suis toujours efforcé d’en mettre le moins possible, mais il fallait tout de même que je ressemble à peu près à quelque chose au travail! A noter que l’usage de gel est entrer en conflit avec ma volonté de me laver les cheveux le moins possible, car ça les salit passablement. La deuxième période a eu lieu après que je me sois fait couper les cheveux par ma copine. Je ne suis bien sûr pas allé chez un coiffeur, et ai donc économisé CHF 40.-. Une fois mes cheveux plus courts, plus besoin de gel!

Enfin, il fallait encore que je lave mes habits! J’ai une très petit machine à laver, ce qui fait que je dois faire passablement de lessives. J’en ai fait 8 au cours du mois, pour 1.5 personne (ma fiancée ne vit pas avec moi, mais elle a tendance à me laisser du linge…sans doute pour me faire comprendre sa perception de la division sexuée du travail!). Je ne sais malheureusement pas combien ma machine consomme, ni en eau ni en électricité. J’ai par contre utilisé comme toujours un produit de lessive dit « écologique ». Cet aspect des lessives a vraiment été un gros point noir dans mon expérience. Il aurait fallu que j’arrive à réduire ma fréquence d’utilisation, voire à faire tout ou partie de ma lessive à la main.

En définitive, cette partie de l’expérience concernant l’hygiène a été particulièrement intéressante, car elle abordait un aspect dont on ne peut pas se passer. Il faut donc repenser son utilisation, trouver des produits alternatifs, etc. En tous cas, même si cette partie de l’expérience s’est révélée être la moins concluante, je suis persuadé que l’on peut être « développement durable » sans pour autant devenir sale et pouilleux!

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Consommation minimaliste: divertissements et loisirs

Après une longue pause due à l’armée et à la Coupe du Monde, je reprends ma série d’articles sur mon expérience de consommation minimaliste. A cette occasion, j’aimerais revenir sur l’aspect des loisirs et des divertissements.

Cette expérience a en effet été une vraie chance de réfléchir à ma consommation d’énergie (et à ma consommation tout court) dans le cadre de mes loisirs. J’avoue que jusque là, je n’y avais pas beaucoup pensé. C’est peut-être les côtés loisir, amusement, moments agréables qui ont fait que je ne m’y suis jamais attardé: je fais quelque chose de sympa, ça ne peut pas être mauvais pour l’environnement! Mais c’est loin d’être le cas à vrai dire!

Je me suis donc efforcé de bannir les loisirs consommant de l’électricité. J’aurais aimé supprimer complètement l’usage de la télévision, mais je n’y suis pas parvenu. J’ai regardé au cours de ce mois d’avril, en tout et pour tout, 6 heures de télévision/DVD. Jamais seul, il est vrai, c’était une sorte de « co-visionnage »! C’est d’ailleurs de là qu’est venu le problème: si ça n’avait tenu qu’à moi, j’aurais pu me passer complètement de télévision et DVD. Mais j’ai parfois été « obligé » de me mettre devant l’écran. Là encore, il s’agira de revenir sur cet aspect dans la partie « Social ».

Toutefois, n’ayant pas la télévision – j’ai l’appareil, mais il n’est pas relié au câble ou à un satellite – j’ai tout de même pu me limiter passablement. J’ai par ailleurs complètement supprimé l’usage des jeux vidéos, alors que je peux en être un grand consommateur. J’aime beaucoup jouer! Je pense que c’est important, et que ça permet de développer certains aspects de sa personnalité.

La solution a donc été pour moi de m’orienter vers les jeux de société! S’il ne fait pas de doute qu’ils entraînent une certaine consommation d’énergie (production, acheminement dans les points de vente, etc.), ils n’en consomment pas lors de leur utilisation. Ce à la différence d’autres loisirs tels que jeux vidéos, films, séance cinéma, etc. Je ne peux donc que recommander d’y jouer de temps à autres! Je ferai d’ailleurs un article à ce propos.

Les loisirs en extérieur ont bien sûr pris une grande place dans cette expérience. Promenades, course à pied, vélo, football…je me suis efforcé d’aller dehors un maximum, d’autant que la météo s’y prêtait! Attention à une chose: il se peut que la pratique de tels loisirs entraîne un déplacement en voiture. Aller au terrain de foot, aller à la montagne ou en forêt n’est pas toujours chose aisée. J’ai pour ma part la chance d’habiter à la campagne, à 10 minutes à pied du lac et au pied du Jura, j’ai donc tout ou presque à disposition. J’ai donc pu faire en sorte de toujours m’y rendre par des moyens écologiques.

Retour à l’intérieur pour finir, j’ai aussi pris une décision un peu extrême. Pour être cohérent avec ma décision de ne pas utiliser d’appareil électriques pour mes divertissements, j’ai aussi pris la décision de ne pas écouter de musique sur ma chaîne stéréo. Moi qui ai l’habitude de baigner dans la musique, j’avoue que ça a été très dur! Peut-être trop. Comme je l’ai déjà dit, avoir une attitude orientée vers le développement durable ne doit pas être perçu comme une contrainte, mais comme quelque chose allant de soi et agréable.

En définitive, je peux dire que cet aspect des divertissements et loisirs était un des plus durs à gérer, avec l’aspect social. Car s’il est vrai qu’un aspect tel que les transports est assez « froid » et impersonnel, l’aspect des divertissement et loisirs fait appel à des émotions, des sentiments. Dès lors, il est très dur d’accepter de s’en priver – et d’en priver les autres – ou de s’astreindre à des restrictions. Supprimer les loisirs n’est évidemment pas une bonne solution, mais je crois que l’on se doit de les repenser. Au moment de choisir un film à aller voir au cinéma, on peut par exemple choisir de se limiter au choix offert par le cinéma le plus proche ou tout au moins par un cinéma auquel on peut accéder en transports publics. On peut aussi essayer de s’orienter vers des loisirs n’impliquant pas ou peu de consommation d’énergie. Bref, je pense que le domaine des loisirs doit être pensé non pas en termes de suppression, mais bien plutôt en termes de modification et de recherche d’alternatives!

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