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Le développement durable simplifié

Le greenwasher qui est en nous

J’avais écrit il y a quelques mois un petit Guide du Greenwashing. Il est vrai qu’il est assez facile, et fréquent, de s’en prendre aux entreprises et de les accuser de se montrer « plus vertes » qu’elles ne le sont réellement. C’est d’ailleurs souvent avéré.

Difficile de savoir si les entreprises cherchent à faire des efforts, où si leurs initiatives ne sont que des manœuvres de greenwashing mal intentionnées. Il faut bien dire que souvent c’est la 2e option que l’on retient. Et même si je suis le premier convaincu que l’on se doit d’être vigilant par rapport à ce que font les entreprises, je ne peux m’empêcher de regretter l’hypocrisie qui tourne autour de tout cela. Il me semble en effet que nous sommes bien plus exigeants envers les entreprises qu’envers nous-mêmes.

Combien d’entre-nous conduisent une voiture hybride, font du covoiturage ou font simplement en sorte de conduire moins? Combien ont installé des panneaux solaires ou achètent de l’énergie verte? Combien cherchent à tout prix des produits et biens locaux? Combien ont pris des mesures de base à la maison, comme installer des ampoules à basse consommation, des installation pour économiser l’eau, etc.? Lire le reste de cette entrée »

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Un individu vert?

Lorsque l’on s’intéresse au développement durable, la question de la définition est parfois problématique. Certes, on qu’un « bâtiment vert » est un bâtiment LEED. De même, il existe un certain nombre de normes qui font que l’on sait précisément ce qu’est un « légume bio ». Un rapport développement durable certifié GRI C+ contient des informations que l’on peut retrouver avec précision.

Par contre, si l’on vous demande si vous-même vous êtes vert, la réponse est moins évidente. Est-ce que je suis quelqu’un de « vert? Suis-je quelqu’un qui peut se définir comme « durable »? Il n’existe pas de normes, de mesures, de lignes directrices, etc. pour déterminer si un individu est « vert ».

Et puis, ça veut dire quoi « être vert »? Est-ce qu’il s’agit d’aller en travail à vélo? De ne manger que des produits bio ou commerce équitable? Un peu de tout ça à la fois?

Et quid de quelqu’un qui se définit comme « vert » parce qu’il ne prend jamais l’avion mais qui mange de la viande 2 fois par jour? Et celui qui éteint l’écran de son ordinateur pour sa pause de midi mais dont la maison est mal isolée?

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La décroissance: tout à jeter?

Dans un article précédent, la notion de « décroissance » a été évoquée plusieurs fois dans les commentaires. Je me suis dit qu’il serait donc intéressant d’écrire un article à ce sujet.

On aura tous compris que la décroissance critique la notion de croissance, et celle de développement de manière générale. Y compris celle de développement durable.

Ce qu’il faut savoir, c’est que les tenants de la décroissance expriment les activités économiques en termes physiques et réfléchissent sur le lien entre la production de biens et services et la consommation d’énergie. Le fonctionnement de l’économie peut donc être approché par des lois thermodynamiques:

  • La première loi thermodynamique stipule que la masse reste constante: rien ne se perd, rien ne se crée.
  • La deuxième loi nous renvoie au concept de l’entropie. Tout travail consomme de l’énergie qui se dissipe dans un processus de production. De la basse entropie, mettant une énergie utile à notre disposition, nous passons forcément à la haute entropie rendant l’énergie inutilisable. Toute production implique une dissipation énergétique irréversible. Cette ligne du temps limite tout processus de production. A la longue, il ne peut y avoir de croissance illimitée.

Les représentant de la décroissance – dont le maître-penseur est Nicolas Georgescu-Roegen – prônent un monde fini, les représentant de la croissance un monde infini. Les uns font valoir l’épuisement des ressources naturelles, notamment de l’énergie. Les autres misent sur le génie humain capable d’innover, même si notre savoir actuel ne nous fournit aucune solution pour le moment. D’un côté l’horizon temporel se définit en centaines d’années, de l’autre en milliers.

Je pense que l’exigence de décroissance est excessive. Toutefois, j’aime cette critique de l’hégémonie économique dans les images sociales utilisées pour exprimer la réussite sociale. On peut réussir autrement qu’en ayant la plus grande maison, la plus grosse voiture, le plus de gadgets hi-tech, etc. Mais je crois qu’il s’agit davantage de la nécessité d’avoir un autre état d’esprit que de celle de renverser complètement notre modèle économique.

La thèse de la décroissance ne peut être retenue comme seule solution, car la croissance économique peut parfaitement contenir des activités qui changent son sens et son contenu. Je crois que c’est simplement à nous d’adopter des modes de vie et de consommation plus raisonnables!

 

Source

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Un mal nécessaire?

En ce moment, je lis un livre passionnant, lié à mon travail (la responsabilité sociale): The Responsibility Revolution. On y trouve des histoires vraiment inspirantes et des citations très intéressantes, dont celle-ci:

There is no such thing as sustainable manufacturing. It just doesn’t exist.

Ce que nous dit Rick Ridgeway, « Chief of environmental initiatives » chez Patagonia, c’est que du moment où l’on fabrique quelque chose, il est impossible d’être complètement durable. Et pourtant Dieu sait que s’il est une compagnie que l’on peut considérer comme durable, c’est bien Patagonia.

A l’échelle individuelle, le constat est le même. On en peut pas avoir « zéro impact ». Ne serait-ce qu’en ce qui concerne la production de CO2, il faudrait arrêter de respirer!

Je crois qu’il faut admettre que même en faisant tous les efforts possibles, nous n’arriverons jamais à annihiler totalement notre impact sur l’environnement. Ce n’est d’ailleurs pas dans la nature de l’homme.

Que peut-on faire alors? Pour répondre à cette question, je reviendrai encore à Patagonia. Dans la mission de Patagonia, on trouve cette phrase:

« Do no unnecessary harm. »

Ne pas faire de mal inutilement. Il ne s’agit pas pour Patagonia de « ne pas faire de mal » ou même de « faire moins de mal », mais simplement d’éviter le mal qui n’est pas nécessaire.

Dans le cadre privé, à notre travail ou que sais-je encore, nous devrions toujours nous poser la question de savoir si ce que nous faisons, et qui va influer sur notre empreinte écologique, pourrait être évité.

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Commencer avec « Pourquoi? »

La question que nous nous posons au moment de lancer un projet est – en général – la suivante: je veux faire quoi? Ensuite, après ce « quoi? » vient le « comment? », et on peut dès lors se lancer dans le projet.

C’est le cas notamment des projets de développement durable. Qu’ils soient de type personnel ou à l’échelle d’une organisation (on parlera dans ce cas plus volontiers de « responsabilité sociale d’entreprise »). Nombre d’entre nous suivent cette réflexion: je veux réduire ma consommation d’énergie (quoi?), et pour cela je vais installer des panneaux solaires (comment?).

Loin de moi l’idée de dévaloriser ce genre de démarche. Mais je pense – à l’image de Simon Sinek – que l’on peut faire mieux. Il faut selon moi avoir une réelle stratégie au niveau du développement durable. Un « business case pour le développement durable » dirait-on dans une organisation. Cette stratégie, c’est le « pourquoi?« . Pourquoi je veux faire du développement durable? Pourquoi je veux réduire mon impact écologique? etc.

Il faut à mon avis donner du sens à la démarche que l’on entreprend. Ce sens peut prendre plusieurs formes: économiser de l’argent, se sentir bien, prendre ses responsabilités en tant qu’individu, etc. Mais je crois qu’indépendamment de ce qu’on fait et de comment on le fait, il est primordial de savoir pourquoi on le fait.

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